Une réalité de toi

Ma chère lectrice, mon cher lecteur,
Et voici la "Douceur à lire" du mois de septembre, qui vous parle cette fois de déclaration, de seconde chance, et d'un avenir commun.⁠
Je te souhaite une belle lecture.

Les thèmes : Amour * Déclaration * Nouvelle chance * Avenir * 

***

Je m’avance vers toi. Mes lèvres tremblent, te confessent les mots coincés dans ma gorge, écrasés dans mon cœur.

Une déclaration, les plus beaux mots du monde :

— Je t’aime.

Je t’entoure de mes bras, ton dos me fait face. Je suis lâche, n’ose pas te regarder en face. Ces mots d’amour, je les ai chuchotés à ton oreille, dans un souffle, dans un espoir.

Ce soir est ma dernière chance, je le sais. Il sera ma gloire, ou il précipitera ma chute, mon chaos, et je crèverai de la perte de toi.

Je sais notre histoire compliquée, qu’elle t’effraie, que rien ne sera jamais facile avec moi. Que je suis venu à bout de ta patience, t’ai poussée dans tes retranchements, que je suis seul responsable de ta fuite.

Tu relèves la tête, prends une grande inspiration, tes jambes chancellent, je retiens ton corps de s’écrouler. Je te soutiens, dans l’attente de ton jugement. Et les premiers mots que m’offrent tes lèvres broient mon âme :

— Tu m’as fait du mal, pleures-tu. Mais je n’arrive pas à t’oublier, ni à cesser de t’aimer.

Je hoche la tête, m’excuse mille fois, me maudis de t’infliger tant de peine, tant d’émotions contraires. Je ne suis pourtant qu’un égoïste qui se refuse à te laisser partir.

Les battements furieux de ton cœur cognent entre mes bras. Je te sais toujours en colère, ai peur que tu me refuses une nouvelle chance, celle que je t’implore de m’offrir ce soir.

Tes doigts courent sur ma peau, tracent un sillon de feu, me marquent à vif. Ton parfum m’enivre, et des souvenirs de nous, de ce que nous étions, éclatent au fond de mon esprit, tapissent mon âme. Mais malgré ta peine, tu ne me repousses pas, acceptes que je sois là. Ma tête se niche dans ton cou, ce bel endroit qui m’appartient, là où personne d’autre n’aura sa place. Je le refuse, je me battrai jusqu’au sang pour toi. Je t’implorerai à genoux, mon cœur offert, mon âme à nu. Je t’appartiens, aujourd’hui et à jamais.

Nous nous sommes quittés sur des mots durs. J’ai crié, j’ai hurlé. Alors tu m’as laissé, m’as retiré ton cœur en arrachant le mien. Il n’en reste que des lambeaux, seuls témoins de ma connerie, de mes doutes, de ma douleur.

Personne ne croyait en nous, tous nous avaient prévenus. Mais je me fous de ce que pensent les autres ; le cœur n’a pas de logique, il choisit, bat la cadence, éclate. Il réclame l’amour de l’autre, cette sève, ce sang qui le fera vivre. Et son unique souhait est de se remplir à nouveau de toi. Tu as laissé un manque en lui, l’as marqué de la douleur. Celle de l’abandon, d’une histoire dont la puissance faisait trembler les murs, et qui a pourtant éclaté sous ma peur.

J’ai toujours pensé que je ne valais rien, que je ne te méritais pas. Alors je t’ai poussée à bout. J’espérais que tu me prouves ton amour, j’espérais que tu me quittes. La vérité aurait ainsi éclaté : celle que je ne suis rien, indigne d’être aimé. J’ai brisé notre histoire qui était pourtant remplie de beauté. Qui était mon tout, qui me faisait avancer. Quel pauvre con je suis ! C’est le propre de l’homme, de préférer détruite au lieu de créer. C’est si facile de faire du mal, si compliqué de faire du bien.

Je raffermis ma prise, tu trembles entre mes bras. Je sais notre avenir entre tes mains, les mots offerts par tes lèvres seront ton jugement. Alors j’attends, priant un dieu quelconque pour ton pardon. Mes larmes coulent sur ta peau :

— Tu me manques.

Tu ne réagis pas, ne dis rien. Mon corps s’écroule. La privation de l’autre est une gifle pour le cœur, un coup porté au plus profond de l’âme.

Il y a de ces couples pour qui tout semble facile, qui fusionnent sans dire un mot, pour qui tout se résout d’un regard complice et d’un battement de cils. Pour nous, ce ne sera jamais ainsi. Ce sera un combat quotidien, celui de l’amour et de l’avenir.

On dit que la passion de l’amour est une émotion qui va à l’encontre de la raison. Je confirme. Nous sommes deux bourrasques, dont le vent violent malmènent le cœur et l’âme. Des tourbillons de feu, sinueux, qui font éclater le monde lorsqu’ils entrent en collision.

Tu te retournes enfin, les larmes dévalent tes joues. Je les embrasse, bois la douleur que je te cause. Je me noie dans tes yeux, ce regard que tu m’offres. J’y lis de la déception, de la peur. Mais j’y lis surtout de l’amour.

J’ai alors une vision de l’avenir, celle où nous vieillirons ensemble. Je nous vois danser, les pieds tourbillonnant dans l’écume de l’eau, le soleil se levant, nous baignant de lumière, scellant notre union de son éclat divin.

Et aujourd’hui, enfin, tu es là, face à moi.

Tu es réelle, tu es à moi. Douceur de mon désir, de mes illusions devenues réalité.

Aujourd’hui est un grand jour. Celui où se crée notre nouveau monde, celui qui affrontera le bonheur et tous les malheurs.

Aujourd’hui nous devenons un tout.

Ta robe est simple, sans frou-frou ni fioritures, tu n’en as pas besoin pour être belle. Une couronne de fleurs orne tes cheveux, te consacre reine de mon cœur. Et me voilà roi de notre monde.

Je passe l’anneau à ton doigt en prononçant mes vœux, toute la gloire que tu m’inspires. Je ne doute pas. Jamais. Ma vie, je veux la remplir de toi.

Tu fais de même, l’or blanc recouvre ma peau. Des larmes dévalent tes joues, tu hoquettes, te laisses aller au bonheur, m’offres les mots que j’espère.

Rien ne sera facile. Je m’en fous.

Des tempêtes viendront noircir notre ciel. Je l’assume.

Aujourd’hui éclate le mot « nous ».

Dans une autre vie, tu aurais pu ne pas m’aimer, ne pas accepter mes bras entourant ton cœur, me repousser. Mais pas dans celle-ci, l’amour est ma chance, mon salut.

Grâce à lui je te retrouverai au réveil, lorsque mes yeux s’ouvriront chaque matin.

Je marcherai à tes côtés, dans cette vie où le soleil brillera, où des tempêtes se déchaîneront et où nous travaillerons à faire de notre couple un bonheur au quotidien, un partage d’émotions, un avenir commun.

Oui, dans cette vie, tu m’ouvres les bras, et je me love dedans.

Aujourd’hui, nous sommes deux qui deviennent un.

Alors j’abandonne mes peurs, fais confiance à notre couple, décide que pour nous, l’avenir sera doux.

Un futur niché dans une vérité, une nouvelle foi.

Une vie où ton amour devient à jamais une réalité de toi.

 

© 2020 Isabel Komorebi